Déclarations de Bruno de Sà et Jonathan Sells, ambassadeurs 2027

« Je suis profondément honoré d’être ambassadeur de la Journée de la musique ancienne 2027, aux côtés de Jonathan Sells.


J’ai grandi au Brésil, loin des cours et des théâtres où cette musique a vu le jour. Pourtant, dès mes premières interprétations de Haendel, Vivaldi et Porpora, je me suis senti immédiatement chez moi. La musique baroque a été écrite pour des voix qui osaient être différentes. J’y ai découvert un répertoire qui accueillait une voix comme la mienne et lui permettait de s’exprimer librement. Pour moi, c’est la preuve que la musique ancienne n’appartient ni à un seul pays ni à une seule époque. Elle appartient à toutes celles et ceux qu’elle touche.


Chaque fois que j’interprète ce répertoire, je découvre à quel point il est moderne. Les émotions sont directes : l’amour, le chagrin, la colère et la joie s’expriment avec une intensité qui touche encore les publics d’aujourd’hui. Notre rôle, en tant qu’interprètes, est de faire revivre ces œuvres avec curiosité et liberté, afin qu’elles ne deviennent jamais de simples pièces de musée.


Le 21 mars, j’invite chacune et chacun, et tout particulièrement les jeunes, à pousser la porte de cet univers musical. Vous y trouverez peut-être, comme moi, un foyer là où vous ne l’attendiez pas. »


Bruno de Sà — Ambassadeur 2027


« Lorsque je me projette dans l’avenir de la musique ancienne en Europe en 2027, je suis profondément optimiste. Grâce à des organisations comme REMA, qui rassemble interprètes, universitaires, programmateurs et publics à travers toute la filière, l’avenir s’annonce prometteur pour ce secteur en plein essor de notre vie culturelle.


Pourquoi parlons-nous de musique « ancienne » ? De Early Music ? D’Alt ? Ces appellations opposent notre cher répertoire à quelque chose d’autre : le récent, le moderne, le nouveau. À certains égards, c’est absurde : pourriez-vous imaginer une « Association européenne de musique tardive » ? À mes yeux, la musique des XVIIe et XVIIIe siècles échappe à nos tentatives maladroites de classification et fait voler ces étiquettes en éclats. Elle devient aktuell, une musique contemporaine, une musique du présent. Plus nous nous tournons vers le passé pour l’étudier et le comprendre, plus nous regardons simultanément vers l’avenir et apprenons à mieux nous connaître.


L’engouement actuel pour les pratiques d’interprétation historiquement informées et les musiques des siècles passés témoigne de la pertinence contemporaine de ces œuvres que l’on qualifie d’« anciennes ». Et l’on comprend aisément pourquoi : les publics découvrent sans cesse de nouveaux compositeurs, de nouveaux répertoires, de nouvelles œuvres et de nouvelles sonorités. Il s’agit, en réalité, de « musique nouvelle », un véritable trésor qui semble inépuisable. À mesure que nous prenons conscience des récits de notre passé, nous en comblons les lacunes, corrigeons les contrevérités et les raccourcis, et redéfinissons ainsi qui nous sommes aujourd’hui. Nous redécouvrons et faisons entendre à nouveau des voix oubliées qui ont contribué à façonner ces récits.


La richesse de l’apprentissage, la recherche et la redéfinition de l’« Histoire », ainsi que la remise en question de ce que représente ce concept si imposant, apparemment figé, nous apprennent à ne rien considérer comme acquis : ni ce que nous possédons, ni nos habitudes, ni nos certitudes. C’est précisément cet esprit de questionnement et de découverte au présent qui fait, à mes yeux, de la musique « ancienne », de la musique « d’un autre temps », une musique si actuelle et si nouvelle. »


Jonathan Sells — Ambassadeur 2027

Financé par l'Union européenne. Les points de vue et opinions exprimés n'engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement ceux de l'Union européenne ou de l'Agence exécutive européenne pour l'éducation et la culture (EACEA). Ni l'Union européenne ni l'EACEA ne peuvent en être tenues pour responsables.
Le REMA est financé avec le soutien du ministère français de la Culture.